GR 223 : Nez à nez avec Jobourg

Reconnu pour la beauté de ses paysages, le Nez de Jobourg est un site incontournable du Cotentin. S’il peut s’admirer sans effort depuis le panorama du Nez des Voidries, je ne saurais trop vous conseiller de parcourir quelques arpents du GR 223 pour profiter davantage encore des eaux turquoise de ses baies, de ses vastes étendues de landes à bruyères et du magnifique bocage normand qui l’environne.

Ma toute première rencontre avec Jobourg se solda par un échec cuisant. Le discours paternel nous vantant la magnificence du Nez se heurtait lamentablement à l’épaisse purée de pois qui avait envahi l’appendice ce jour-là. Il eût fallu attendre, de longues années après, d’avoir le flair de choisir le Cotentin comme première escapade post-confinement pour enfin pouvoir confirmer les dires du père.

Un soleil radieux à te faire douter de l’existence de cette foutue poche de grisaille qui entoure habituellement Cherbourg sur les cartes météo nous aura incitées à sortir les chaussures de rando. Direction le GR 223, le sentier du littoral manchois.

La voiture laissée sur le parking ad hoc, nous ajoutons nos deux silhouettes à la procession de touristes qui va et vient en permanence jusqu’à la petite Auberge des Grottes, d’où l’on bénéficie d’un sublime panorama sur la côte. Le profil aquilin du Nez de Jobourg s’offre à nous sur notre gauche. De tous les curieux venus admirer le panorama, nous serons les seules à nous aventurer sur le sentier de randonnée. L’après-midi s’annonce tranquille !

Nous avions déniché sur Visorando un petit circuit d’une dizaine de kilomètres qui avait le mérite de tracer une boucle autour du Nez de Jobourg (voir le parcours sur Visorando), cap emblématique du Cotentin. De quoi nous occuper pendant quatre heures, ce qui tombait bien car nous étions déjà rendues à plus de 14h au moment de nous élancer sur le sentier des douaniers.

Le chemin serpente à flanc de coteau au milieu des bruyères, avec une vue imprenable sur la Manche. Le temps déjà largement estival en cette fin juin et les nuances de turquoise qu’arborait la mer nous donnaient des envies de baignade. Et puis nous nous sommes rappelées que le climat de la Manche n’était pas celui des Caraïbes, et que tout au plus nous aurions eu droit à une quinzaine de degrés dans l’eau en cette fin de printemps. C’est dissuasif. De toute façon le sentier ne nous laisse pas vraiment la liberté de descendre au niveau de la plage, du moins dans cette partie de la rando.

Senival, Etablette, Pivette, les baies au format poche s’enchaînent, tout comme les montées et les descentes. La balade qu’on s’imaginait pépère nous impose finalement un bon décrassage, ce qui n’était pas plus mal au vu des longues semaines que nous venions de passer à nous encrasser sur nos canapés respectifs. Mine de rien, la totalité du circuit atteint un honorable 320 mètres de dénivelé, chose à laquelle on ne s’attendait pas vraiment (un peu moins pour nous étant donné que nous avons zappé l’aller-retour entre le point 4 et le point 5).

La borne 55 était pour nous le signal qu’il nous fallait quitter la mer. Un dernier regard vers les îlots qui trainent dans l’eau et nous passons en un rien de temps du bleu au look total vert. Un vert bien franc, alimenté par les pluies si fréquentes ici, que seules quelques taches d’un violet intense venaient perturber (merci les bruyères en fleurs). L’arrivée en haut du coteau nous fait passer immédiatement d’un milieu maritime fait de landes aux douces ondulations bocagères, qui ne sont pas moins belles. Quelques vaches débonnaires nous regardent passer faute de train à se mettre sous la dent. On se dit qu’elles ont bien de la chance d’avoir une telle vue à demeure !

J’ai aimé ce paysage façonné depuis des siècles par des éleveurs et agriculteurs soucieux de préserver leur petit coin de paradis.

La première maison du hameau de Dannery est une crêperie. Autant vous dire qu’on s’est fait violence pour ne se contenter que d’une boisson fraîche pour recharger un peu les batteries. La traversée d’une poignée de hameaux au charme certain restera malgré tout anecdotique face à la beauté des paysages que nous offre cette balade autour du Nez de Jobourg. Peu après le hameau Samson, nous retrouvons notre chemin gravillonné, encadrées par des bordées de haies et de murets de pierres sèches qui donnent à ce morceau de Cotentin le surnom de « Petite Irlande ».

J’ai aimé ce paysage façonné depuis des siècles par des éleveurs et agriculteurs soucieux de préserver leur petit coin de paradis. Au moins autant que la partie côtière. D’ailleurs, la rando n’aurait pas été aussi belle si l’un et l’autre n’avaient pas été réunis. En plus de nous offrir un peu de répit côté dénivelé, la balade à travers le bocage manchois a réussi à nous plonger dans une ambiance bucolique à te donner l’envie de poser ton chevalet pour peindre, malgré la proximité des vastes installations nucléaires de La Hague. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment souvenir d’avoir aperçu lesdites installations au cours de cette balade, malgré leur proximité géographique.

La légère descente qui s’ensuit ainsi que le retour des bruyères fleuries et des fougères nous indiquent un retour prochain vers le rivage. La baie d’Ecalgrain se dévoile au détour d’un grand virage vers la droite. Des petits points s’activent sur l’estran, d’autres s’enfoncent courageusement dans les eaux glaciales de la Manche ou admirent simplement la beauté des lieux depuis la plage. Tu l’as compris, c’est à partir d’ici que nous commenceront vraiment à partager notre bout de GR223, jusqu’ici si tranquille.

La rando s’achève sur une ultime montée, la plus longue et la plus dure, mais qui résume à elle seule la totalité des paysages rencontrés depuis notre départ. A droite un littoral rocheux accidenté et peuplé de landes de bruyères de toute beauté. A gauche le bocage, ses vaches, ses murets de pierres sèches et ses haies à perte de vue. Et nous, au milieu, ne sachant pas lequel de ces deux visages nous aura le plus charmées.

Cet article s’inscrit dans le RDV mensuel #EnFranceAussi initié par Sylvie, du blog Le coin des voyageurs. Le principe est simple : te faire (re)découvrir la France à travers un thème donné. Ce mois-ci, c’est le thème « randonnée » qui est à l’honneur, piloté par Claire, du blog Deux tortillas et la fleur de lys. Tu trouveras les autres billets rédigés par mes camarades blogueurs et blogueuses sur cette carte :

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10 commentaires sur “GR 223 : Nez à nez avec Jobourg

    1. J’ai été complètement charmée par le Cotentin. Une grande variété de paysages et plein de merveilles à découvrir. D’autres articles seront à suivre mais je ne sais pas quand je les publierai 😁

  1. Ah, j’adore les randos en bord de mer, avec cette impression d’espace inégalable !! Ca me rappelle un peu la Côte d’Opale d’ailleurs. On a découvert le Cotentin quelques jours cet été chez des amis, et ça nous a bien donné envie d’y retourner, ce que confirme ton article !

  2. Il y a de jolis dégradés de bleus et de verts, dis-donc !
    Et ça semble si paisible !… ça doit être très ressourçant.

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