En haut d’île de Ré

Faute d’un point de vue naturel satisfaisant, j’ai un jour gravi les 117 marches du clocher-observatoire de l’église de Saint-Martin-de-Ré, juste pour voir. Bravant la fatigue et les intempéries, j’y ai rencontré un panorama époustouflant sur le village, son riche patrimoine dont les fortifications Vauban sont un fleuron, et bien entendu sur l’île de Ré en général.

C’est plus fort que moi. Dès que je vais quelque part, j’ai envie d’aller au point le plus haut pour profiter d’un autre panorama. A l’île de Ré, on ne peut pas dire qu’on puisse compter sur les hauteurs naturelles pour contempler le paysage ! Avec ses 19 mètres d’altitude et son bois sommital, le Peu-des-Aumonts, commune du Bois-Plage-en-Ré, n’avait aucune chance de me fournir le point de vue tant escompté.

Alors on a pris notre courage à deux jambes et on a monté 117 marches pour trouver bonheur. Et non, je ne te parle pas du phare des Baleines qui, du haut de ses 57 mètres et de ses 257 marches, remporte haut la main le concours du « qui a la plus haute » ! De toute façon, je n’arrive pas à remettre la main sur les photos magnifiques que j’y avais faites un jour (tu ne peux pas savoir comme je m’en veux, elles étaient sublimes !). Et puis ça ne collait pas avec le thème « clochetons » du mois d’octobre by #EnFranceAussi.

Le clocher-observatoire de Saint-Martin

Mes 117 marches sont en fait lovées au cœur du clocher de Saint-Martin-de-Ré, le village le plus branchouille de l’île (ça se voit aux vitrines des boutiques et aux prix parisiens). Pour la modique somme de 2,20 euros et donc 117 marches à monter, tu peux profiter d’un panorama XXL sur la commune et ses environs, du centre pénitentiaire jusqu’aux fortifications Vauban classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

De là-haut, tout devient petit et en même temps, l’horizon pointe vers l’infini. Au pied, les silhouettes des passants paraissent des fourmis affairées à trouver le chemin de leur fourmilière, sentant la pluie arriver. Au loin, l’imposant nuage noir qui semblait déjà déverser son onde avec fracas sur la pointe de l’île confirmait la crainte desdites fourmis, qui s’étaient déjà parées de leurs plus beaux parapluies au regard du crachin qui commençait à nous humecter le visage. Perchées sur notre vigie, plus rien ne nous échappe : le port un peu biscornu de Saint-Martin, toutes les nuances d’orange et de bruns des vieilles toitures rhétaises, une ancienne porte d’entrée de la commune, les goélands qui se reposent sur les flèches tronquées du transept, les fortifications Vauban classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, une panoplie de champs…

A peine le temps de dresser un rapide inventaire des lieux que le crachin se fait pluie, pour laisser ensuite trop rapidement place à une bonne drache orageuse. Nous voilà condamnées à abandonner notre observatoire favori. A peine le temps de descendre les 117 marches que la tempête était passée, nous laissant un léger goût amer à la vue de l’insolent ciel bleu qui s’est bien vite pointé. Au moins, ça nous a laissé tout loisir de nous balader dans les ruelles charmantes de Saint-Martin (quoique ma préférence aille vers La Flotte).

Ars-en-Ré, le clocher star de l’île

Tiens, puisque tu es là, pourquoi ne pas pousser jusqu’au clocher le plus connu de l’île, celui qui se partage les cartes postales avec les roses trémières collées aux façades blanches à volets verts ? Oui oui, celui-là, tout de noir et blanc vêtu ! La flèche élancée de l’église d’Ars-en-Ré – puisque c’est d’elle dont je parle – se voit de loin. En même temps, ce n’est pas ben compliqué vu la platitude de l’île, ce qui en fait d’ailleurs un véritable paradis pour les cyclistes (d’autant qu’elle a été dotée d’une quantité astronomique de pistes cyclables bien séparées de la route). Six siècles à veiller sur le petit village de pêcheurs d’Ars du haut de ses 42 mètres ! Un édifice visible à 20 kilomètres à la ronde !

Le sachiez-tu ?
Si le clocher d’Ars-en-Ré arbore ces jolies teintes noires et blanches, ce n’est pas pour faire joli ! C’est en fait un amer, un point de repère à terre destiné aux marins. Avoue que tu ne le savais pas, hein ? (Je te rassure, moi non plus, je l’ai appris en préparant cet article).

D’autres ides de visite sur l’île de Ré

Bon, autant te le dire tout de suite, on n’a pas traîné nos guêtres à l’île de Ré pour la beauté de ses clochers ! Ça, c’était juste notre cerise sur le gâteau ! A la base, on était venues pour la mignonnerie de ses villages, dont l’architecture est demeurée préservée.

A ce petit jeu-là, c’est le village de La Flotte-en-Ré qui remporte mes suffrages. Moins connu que son voisin Saint-Martin, le village ne manque pourtant pas d’atouts charme. C’est à l’intérieur du village que se trouve le trésor de La Flotte. Je ne saurais dire ce que je préfère entre son petit marché d’allure médiévale bien planqué à l’écart de la rue ou ses ruelles pavées envahies d’une végétation exubérante. En tout cas, tu trouveras ici l’archétype de la maison rhétaise : murs blancs, soubassements noirs ou gris-bleu, volets verts, tuiles canal orangées. Des alignements bien proprets, des passages parfois un peu secrets, loin de la foule pour peu qu’on s’écarte du marché et du bord de mer. Et puis les roses trémières ! Mais surtout, surtout, c’est le village qui m’a inspirée pour le titre de ce billet (j’espère au moins que tu as la référence cinématographique) par l’entremise d’un simple tag noir laissé négligemment sur la digue-promenade.

Un peu plus loin, il faut sortir de la route principale et prendre le chemin de Loix. C’est ici, un peu avant le village, que tu pourras alimenter ta soif d’apprendre en découvrant une facette pas si méconnue de l’île de Ré, la saunerie. L’Ecomusée du Marais salant propose des visites guidées à travers les marais salants de Loix, où tu découvriras les secrets de la récolte de sel de mer et de son fleuron gastronomique, la fleur de sel. Si le cœur t’en dit, tu pourras même repartir avec ta cargaison de sel, vu que le musée fait aussi boutique.

Je ne pouvais pas terminer ce billet sans évoquer le phare des Baleines. Une frustration énorme devant toutes ces photos perdues mais aussi le souvenir d’une lumière hivernale somptueuse, donnant à l’océan des reflets à la fois turquoise et métalliques et éclairant d’un soleil chaleureux la vieille tour des Baleines. Un site incontournable si tu veux atteindre le graal du fondu de panorama, la vue à 360 degrés portant jusqu’à plus soif.

Le sachiez-tu ?
Tu as sûrement remarqué ce h intempestif qui s’est invité dans le gentilé des habitants de l’île de Ré. Mais pourquoi donc ? Ce serait la faute à Eugène ! Historien, biologiste, maire de Saint-Martin-de-Ré au XIXe siècle et surtout un poil snob, Eugène Kemmerer aurait trouvé que l’origine du toponyme Ré serait liée à la déesse Rhéa. Une idée pas du tout vérifiée mais qui a l’avantage de sonner chic. Mais je te rassure, l’orthographe Rétais / rétaise est toute aussi correcte !

Cet article s’inscrit dans le RDV mensuel #EnFranceAussi initié par Sylvie, du blog Le coin des voyageurs. Le principe est simple : te faire (re)découvrir la France à travers un thème donné. Ce mois-ci, c’est Renée, du blog Cahier nomade, qui nous propose de nous intéresser aux clochers. Tu trouveras les autres billets rédigés par mes camarades blogueurs et blogueuses sur cette carte :

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11 commentaires sur “En haut d’île de Ré

  1. Merxi pour ta participation 🙂 Un peu comme tout le monde, je suis montée au phare de la baleine ! Celui-là, je le note pour une prochaine fois car j’adore l’île de Ré

  2. Une île que nous avons eu l’occasion de visiter il y a quelques années. Je regrette de n’être pas monté en haut du clocher, c’est vrai que la vue est magnifique ! Les marais salants sont un incontournable aussi.

  3. Sympa cet article ! J’ai bien retenu que le clocher d’Ars-en-Ré est un « amer » et que maire de Saint-Martin-de-Ré était snob ! 😉 On en apprend des choses dis-donc !
    A bientot.

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