Paros : le guide alternatif et totalement subjectif

Pas l’envie ni le courage de vous faire un inventaire à la Prévert de tout ce qu’il y a à découvrir à Paros tant l’île recèle de trésors. De toute façon, j’y suis restée quatre jours, ce qui est largement insuffisant pour faire le tour de la question. Alors je vous présente une version toute personnelle du guide touristique. Un mix entre anecdotes et trucs à voir mélangés dans un gloubiboulga à moitié organisé.

 

On s’attendait à voir du monde. Comme sa frangine Naxos, Paros est un point névralgique des Cyclades, et on l’a très vite ressenti en débarquant du bateau. Posée en plein cœur de l’archipel, Paros est une étape incontournable, une sorte de hub maritime d’où vont et viennent les innombrables ferrys qui assurent les liaisons inter-îles. Sa position, sa grande taille et la beauté de ses villages sont autant d’arguments pour pousser les vacanciers à y séjourner. On ne peut que leur donner raison. L’île cumule les atouts et plaira au plus grand nombre. Entre ses villages pleins de charme et ses plages idylliques, il serait difficile de ne pas aimer Paros !

Alors quand on débarque de la discrète Amorgos, ça fait tout drôle. Le changement de dimension est à tous niveaux : plus d’habitants, plus d’hébergements, plus de restaurants, plus de villages, plus de boutiques, plus de touristes, plus de nationalités, plus de possibilités de payer par carte bancaire (c’est un indice de la « touristabilité » d’une île des Cyclades ça, le paiement par carte bancaire). Tout est « plus ». On s’était vite habituées à la tranquillité, il va maintenant falloir composer avec les autres.

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Parce que oui, égoïstement, on aimerait bien l’avoir pour nous toutes seules, Paros. Surtout Parikia et Naoussa, les deux plus grandes villes de l’île – si tant est que l’on puisse parler de villes – qui aimantent la plupart des visiteurs de passage en compagnie des plus belles plages de l’est. Et puis, finalement, quand on creuse un peu, on trouve des endroits où personne ne va. Des trésors pas tellement cachés qui s’égrènent le long de la ligne de bus Parikia – Piso Livadi. On n’était qu’une poignée à oser s’aventurer à Lefkès, ce village central qui se démarque par sa grande église et sa mignonnerie absolue. On a bien croisé une poignée de Français à Prodromos, l’effet « Guide du Routard », sans doute. Et puis après, plus rien ! Pas un pékin pour faire le tour des églises de Marmara. On s’est retrouvé seules ou presque à la terrasse du restaurant, rejointes seulement en fin de repas par un groupe d’Allemands un peu dissipés. On n’a croisé personne dans les ruelles escarpées de Marpissa, à part quelques ouvriers au travail sur le parvis de l’église et des jeunes gens du village occupés à préparer une fête.

Parikia ou la capitale dédale

Vous ne vous imaginez pas à quel point on a galéré pour trouver notre pension Jasmine, délibérément choisie à l’écart du centre ville pour plus de tranquillité. Une heure en tout à trainer nos grosses valises dans les rues pavées de Parikia, passant et repassant par le même chemin, faisant confiance à un Google Maps autant perdu que nous, entre énervement et désespoir sous la chaleur moite d’un milieu d’après-midi. On finira par s’échapper du dédale du centre ville en faisant un détour par les « grands axes », écoutant finalement les conseils des locaux qui nous avaient d’abord parus étranges. Le Market’in, notre point de repère, est devant nous, enfin. Et tant pis si on passe par la zone de livraison de la supérette pour rejoindre notre location, située dans la rue juste derrière ! On ne le sait pas encore, mais cette entrée en matière sera un peu la thématique de notre séjour à Parikia.

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Le seul véritable « hic », corollaire à cette localisation légèrement excentrée, fut notre incapacité totale à nous orienter correctement dans Parikia. Ce n’est qu’après de nombreuses tentatives infructueuses que l’on finira par repérer, si ce n’est le bon chemin, au moins celui qu’il ne faut pas prendre pour accéder au front de mer bordé de terrasses. On a appris à trouver des repères, aussi insignifiants fussent-ils. Une concentration d’écuelles à chats derrière une petite chapelle ? C’est l’impasse aux chiens ! L’épicerie de poche au coin de la patte d’oie ? Prendre le chemin de gauche pour rejoindre notre location.

On est baigné dans le plus pur style cycladique, et une fois de plus, on ne va pas s’en plaindre.

Bref, tu as compris, on a galéré comme jamais. Passées ces considérations labyrinthiques, Parikia se laisse découvrir au petit bonheur la chance. Comme on n’a jamais pu se repérer complètement dans ce dédale de ruelles qui se ressemblent toutes, on s’est laissé guider par l’inspiration du moment, errant au pifomètre, tournant à droite parce que c’était plus joli qu’à gauche, ou toute autre excentricité de ce genre. On a quand même suivi une fois un panneau, celui qui indiquait le « kastro », la partie la plus vieille de la vieille ville. Un drôle de mur incorporant des morceaux de fûts de colonnes antiques, une placette un peu choupi et une église qui domine le front de mer. Et comme il n’y avait plus aucune boutique, ben il n’y avait aucun touriste non plus, à part nous. Elle est comme ça Parikia, elle te fait passer en un rien de temps de l’affluence des grands boulevards parisiens au désert le plus total.

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Autrement, le cœur de ville regorge d’une multitude de boutiques, de l’artisan chausseur aux bijouteries fantaisistes, du marchand de vêtements au vendeur de souvenirs, du glacier au stand de crêpes douteux (une crêpe salade – tomate – maïs, … sérieusement !). On est baigné dans le plus pur style cycladique, et une fois de plus, on ne va pas s’en plaindre. Sur le bord de mer, les terrasses de cafés, bars et restaurants s’enchaînent sans discontinuer sur un paquet de centaines de mètres (à vue de nez, je n’en ai aucune idée). Lesdites terrasses se remplissant à mesure que le soleil décline, mieux vaut s’y prendre relativement tôt si tu veux profiter d’une table au plus proche de la mer pour siroter ton mojito devant le coucher du soleil. Un spectacle gratuit à peu de frais, parfois « consommé » sans verre à la main, juste sur les enrochements du port, après avoir joué moultes parties de 94% pour patienter.

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Last but not least, la municipalité a eu l’excellente idée de fermer le front de mer à la circulation le soir venu. Un geste écolo et tellement appréciable pour profiter à fond de l’endroit, et qui invite grandement à la flânerie. On y a toujours trouvé notre bonheur pour se restaurer, et je ne manquerai pas de te refiler mes quelques bonnes adresses à la fin de cet article (même s’il y en a une qui a déménagé pour s’installer en pleine cambrousse). C’est sur ce même front de mer que l’on passera notre dernière soirée, non sans avoir tenté de visiter Panagia Ekatontapiliani. Je ne sais pas si c’est par paresse ou par manque de motivation qu’on avait repoussé la visite de l’église la plus importante de l’île. Toujours est-il que quand on s’est décidé, c’est-à-dire le dernier soir, il y avait un mariage et on a dû se contenter du cloître. Peccato !

Bref, on s’est perdu avec bonheur dans les ruelles choupi de Parikia.

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Naoussa ou la fête manquée

Tout était calme quand nous sommes descendues du bus à Naoussa. Trop calme. Nous sommes le 23 août et aujourd’hui, le joli port de pêche célèbre la résistance de la population face à l’offensive de Barberousse, avec reconstitution d’un débarquement et autres réjouissances. On entend bien quelque bruit de fanfare à l’approche du port, mais rien de plus. Au contraire, le village de pêcheurs semble frappé d’une soudaine torpeur. La placette qui borde le bassin des pêcheurs, que l’on imagine aisément résonner du brouhaha des vieux Grecs prenant un café en jouant au backgammon, a été débarrassée de ses traditionnelles tables et chaises en bois bleues et blanches pour faire place nette. En cette fin de matinée, les festivités ne semblent pas encore d’actualité, alors on visite.

Ce qui plait ici, au-delà du traditionnel diptyque maisons blanches – volets bleus, c’est l’authenticité du petit port de pêche. Des bateaux traditionnels, colorés.

Ici, le visiteur cherche l’authentique. C’est drôle parce qu’au cœur du village, dans ces ruelles blanches, on trouve quelques boutiques un peu chic et des bars à cocktails un chouïa branchouilles. Et puis à côté de ça, des poulpes qui sèchent sur un fil accroché entre deux chaises sur les quais qui font face aux restaurants. C’est ça Naoussa : un mélange entre pêche traditionnelle et hotspot touristique. Une hésitation permanente entre ces deux côtés de l’activité économique, qui cohabitent sans vraiment s’opposer.

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Alors forcément, tu y trouveras la foule, du moins en été. Et ladite foule se concentrera essentiellement à l’ancien kastro vénitien et dans quelques ruelles proches, celles où il y a les boutiques branchouilles. Et oui, comme à Parikia, la plupart des visiteurs disparaissent instantanément dès lors qu’on s’éloigne de la carte postale. On est loin d’avoir parcouru toutes les rues du village, parce que c’est un véritable labyrinthe et qu’à la fin, on ne s’y retrouve plus, mais on a quand même réussi à dégotter des coins pas trop fréquentés, essentiellement entre la mini plage et la « grande » église sur les hauteurs.

Naoussa attire les touristes comme un aimant parce que c’est super mignon. D’ailleurs, on aurait aimé croiser Nikos et Stéphane Bern, qui zonent fréquemment ici pendant les grandes vacances, mais ils étaient déjà repartis à Paris pour préparer leur rentrée à la radio. Ce qui plait ici, au-delà du traditionnel diptyque maisons blanches – volets bleus, c’est l’authenticité du petit port de pêche. Des bateaux traditionnels, colorés. On peut y voir des pêcheurs démêler leurs filets en fumant une clope ou bavardant en se hêlant d’une barque à l’autre. On est charmé par la petite chapelle du bout du port, et tout autant par le kastro vénitien, une tour de garde qui surveillait le port. Et puis ces maisons immaculées dans des ruelles pavées de pierres cerclées de blanc, avec des bougainvillées pour égayer de couleurs vives cet océan de blancheur.

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Je ne sais pas pourquoi on s’est mis en tête de manger dans ce « resto » un peu fast food où on avait repéré le gyro à 2 euros. C’est pas cher, mais on sait pourquoi : c’est pas très bon. Pas mauvais non plus, mais pas foufou, surtout comparé à celui que j’avais pu goûter sur le port d’Aegiali, à Amorgos. Pour une fois, on a été mal inspiré, et promis, ça n’arrivera plus !

Il est 15h, on s’est baladé de façon erratique dans Naoussa toute la matinée, on a le ventre plein, on n’a aucune idée du programme de la fête, et aucun indice ne laisse transparaître un quelconque début d’animation. Comme un baroud d’honneur, on refait un dernier tour rapide autour du port et du bassin des pêcheurs, dès fois que, et on finit par reprendre le bus de dépit.

Bref, on était venu à Naoussa pour voir Barberousse, et on n’a pas vu Barberousse.

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Lefkès ou le coup de bol à l’église

Bien que le village voisin de Kostos nous faisait de l’œil avec sa place super mignonne, c’est à Lefkès que nous sommes descendues du bus. Le guide du Routard nous avait promis que Lefkès était le village « le plus authentique et le plus beau » de Paros, un « dédale de rues, multiples placettes, balcons fleuris », « entouré de collines découpées en terrasses ». Forcément, on a eu envie de vérifier. Notre premier réflexe a été de nous rendre à la « grande église », en bordure est du village. Le magnifique bâtiment en marbre a toutes les chances d’être fermé si l’on en croit le Routard. Contre toute attente, c’est une porte grand ouverte qui se dresse devant nous. Un homme s’affaire dans l’église, et nous offre ainsi l’opportunité d’admirer un grand iconostase en marbre blanc, et ses icônes d’une grande finesse. Pas de photos à l’intérieur de l’église, comme souvent en terre orthodoxe, alors tu te contenteras de quelques vues extérieures. N’oublie pas de faire le tour de l’église en sortant, le panorama sur la campagne environnante (et ses champs en terrasses) en vaut la peine !

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Et c’est parti pour un tour du village. Des escaliers qui montent, qui descendent, qui remontent, qui redescendent, on fait un peu les montagnes russes dans ce village probablement encore plus labyrinthique que Parikia. On aime les petites chapelles aux coupoles peintes en bleu, so cliché mais tellement mignonnes. On aime aussi les poteries en terre cuite posées ça et là pour décorer et mettre un peu de verdure dans cet univers tout blanc. On aime enfin ces placettes au format de poche, surtout celle-là, avec sa maison jaune qui ajoute une touche colorée inattendue. Comme d’habitude, on s’oriente au doigt mouillé ; on finira bien par retrouver la « grand route » à un moment donné !

Bref, on valide à 100% l’avis du Routard sur la beauté de Lefkès, et on apprécie la chance que l’on a eue de pouvoir visiter l’église.

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Prodromos ou la lilliputienne fortifiée

On a tous et toutes une petite déception en voyage. Cette fois, c’est tombé sur Prodromos. Je soupçonne le Guide du Routard de nous l’avoir un poil survendu. Ou bien on s’est loupé en beauté et on a raté l’essentiel, je ne sais pas.

Le cœur de ce village est encadré par deux églises fortifiées qui font office de porte d’entrée. Une entrée en matière originale et plutôt sympathique, c’est vrai. On admire surtout leurs petits clochers en marbre qui ajoutent une dose de charme et d’élégance. On passe par une placette minuscule bordée de bougainvillées sous le regard presque surpris des quelques habitants installés à la terrasse d’un café. Les ruelles sont désertes ou presque. C’est très mignon, comme d’habitude.

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Pourquoi ai-je été déçue me direz-vous ? Mais parce que c’est minuscule. Le tour est très vite fait, et on a fini par s’installer à cette même terrasse de café pour se dire qu’au moins, on restera plus d’un quart d’heure à Prodromos. Et comme on voyage en bus (la plupart des îles des Cyclades disposent d’une très bonne desserte), et bien on est un peu bloqué. Malgré mon entorse encore relativement fraîche, puisque contractée à Amorgos, on décide de poursuivre à pied jusqu’au village suivant, Marmara, qui se situe à peine à 500 mètres.

Bref, Prodromos, c’est joli mais tout petit, et il vaut mieux envisager sa visite avec une voiture, un scooter ou dans le cadre d’une rando (le sentier entre Lefkès et Prodromos est, parait-il, magnifique).

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Marmara ou le restaurant un peu bêta

Ne jamais se fier aux services de géolocalisation en ligne, surtout dans les Cyclades ! C’est un peu le mantra que l’on retiendra de ce court séjour à Paros. Après s’être perdues dans Parikia avec l’aide de Google Maps, nous voilà à la recherche d’un petit restaurant introuvable dans Marmara, le Ververas, restaurant que nous avions repéré auparavant. Suivant consciencieusement les indications de je-ne-sais quel site web (probablement Tripadvisor), on s’est retrouvé le bec dans l’eau devant un petit jardin public. Point de Ververas à l’endroit indiqué. On finira par trouver un resto un peu en contrebas, qui semble porter un nom différent. Et par se rendre compte qu’en fait, on avait mal déchiffré le nom de l’enseigne parce qu’en grec, le « v » correspond à la lettre « bêta » (un peu comme nous à ce moment-là).

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Le Ververas a la quantité généreuse. Entre les beignets de courgette, l’assiette de mix grill pour deux et les frites en quantité, on a ingéré en l’espace d’un repas l’équivalent d’une semaine de calories. Le serveur, en mal de clients, finira même par nous rejoindre à table pour nous offrir un raki à te déboucher un évier !

C’est donc le ventre lourd comme un parpaing qu’on entame notre traditionnel « tour du village », en quête de ses nombreuses églises et chapelles, toutes d’un style différent. Comme elles sont fermées à cette heure, on se contentera d’une inspection extérieure. On poussera la balade jusqu’à l’église orthodoxe de rite oriental, un peu à l’écart des maisons. Le tour est rapide, mais la beauté simple de ces édifices suffit à notre bonheur. Là encore, on choisit de poursuivre à pied jusqu’à la prochaine étape de notre périple, Marpissa.

Bref, on s’est trouvé un peu « bêta » à Marmara.

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Marpissa ou la quête de l’arrêt de car perdu

Quatrième et ultime étape de notre « marathon des villages oubliés », Marpissa nous accueille par un drôle de panneau devant la supérette du coin, où il est question d’âne et d’interdiction de stationner. Une vague impression que le temps s’est arrêté il y a bien longtemps vite balayée par l’agitation qui anime la place de l’église. Des techniciens sont en train d’installer la sono pour un concert. Devant nous, la grande église rappelle davantage les monastères de la Grèce continentale que l’architecture des Cyclades.
Marpissa ressemble à un empilement de cubes blancs désorganisé où il est facile de se perdre. Impossible d’en arpenter toutes ses rues, de découvrir tous ses secrets dans le temps qui nous est imparti. Une fois de plus, on opte pour la technique du pifomètre. Le village semble encore endormi, englué dans sa sieste post-méridienne. Hormis quelques jeunes qui s’activent sur une place (il semblerait qu’une fête se prépare), on ne croisera personne dans ce lacis écrasé de soleil. Même les chats, qui d’habitude hantent les villages cycladiques, semblent déserter les lieux.

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D’escaliers en passages couverts, on découvre un village plein de charme et rempli de recoins adorables. D’innombrables églises plus ou moins discrètes ponctuent notre parcours à intervalles réguliers. La concentration d’édifices religieux dans ces villages pourtant pas bien grands m’intriguent. Toutes ces chapelles accueillent-elles encore des fidèles ? A quelle fréquence ? Sont-elles « spécialisées » sur le culte d’un saint en particulier ? Autant de questions restées sans réponse.

Finalement, c’est à hauteur de la terrasse d’un petit restaurant encore fréquenté malgré l’heure tardive (17h30, les Grecs mangent vraiment à toute heure !) que l’on sortira de cet embrouillamini de ruelles. Reste à chercher où attendre notre bus de retour. Je crois qu’on aura passé autant de temps à trouver ledit arrêt que de nous balader au cœur du village. Après moultes hésitations et plusieurs allers-retours entre les deux arrêts potentiels, on a fini par se poser sur un petit banc tout de guingois qui fait face à trois vieux moulins. Le parking aménagé au pied de ces moulins gâche quelque peu le paysage d’ensemble. Quelques minutes plus tard, le Piso Livadi – Parikia s’arrête. Ouf !

Bref, on a trouvé notre arrêt de bus à Marpissa.

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Piso Livadi ou la danse des tamaris

Dans notre programme, la chose était entendue : à chaque île, nous irions au moins une fois à la plage, histoire de tâter l’eau de la mer Egée en divers points. A Paros, notre choix s’est porté sur Piso Livadi. C’est entre ce village et Drios que se trouvent les plages les plus emblématiques de l’île : Pounda Beach et Golden Beach… Nous, nous nous sommes contentées de la Logaras Beach, parce qu’elle propose un service indéniable : elle est bordée de tamaris.

On a très vite fait le tour du village, parce que, clairement, il n’y a pas grand-chose à voir. Les bâtiments, plus modernes bien que d’inspiration cycladique, n’ont tout simplement pas le charme de Parikia ou Naoussa. On part donc fissa trouver notre place à l’ombre, ce qui nous obligera tout de même à poursuivre jusqu’au bout de la plage, où un tamaris un peu plus gros que les autres autorisait plusieurs groupes de baigneurs à profiter d’une relative fraîcheur.

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En dehors de la baignade, suivre l’ombre des tamaris a été notre activité principale. Tel l’accoudoir dans le train, le tamaris est une denrée rare et le moindre défaut de vigilance peut te faire perdre ta place à l’ombre, qui fatalement finit par fuir ta serviette. C’est tout une stratégie qu’il faut mettre en place. Anticiper la trajectoire future de l’ombrage. Evaluer le positionnement des serviettes pour en profiter toutes les deux sans se coller trop aux voisins. Et, surtout, savoir déménager ses affaires ni trop tôt (pour éviter de se retrouver en plein soleil alors qu’il reste de l’ombre à ta place actuelle) ni trop tard (perdu, d’autres personnes se sont installées à la place visée !). A chaque tamaris ce même spectacle : une histoire de serviettes qui dansent, une chorégraphie sans musique mais savamment orchestrée.

Cette vigilance de tous les instants nous aura contraintes à manger sur nos serviettes. Ça tombe bien, il y a quelques bars ou restaurants de plage qui proposent de quoi se sustenter. Hilarité et questionnement devant la taille de nos barquettes, démesurément grandes pour un simple sandwich club. Et puis la surprise (bonne ou mauvaise selon les points de vue) : le repas va s’avérer pantagruélique. J’ai l’impression que c’est une habitude sur cette île !

Et puis, aussi, notre pause plage à Piso Livadi nous a permis de constater avec surprise que les Grecs jouent à la raquette de plage avec de vraies balles de tennis, et on s’est dit que ça ne devait pas être coton.

Bref, on a fait danser nos serviettes à l’ombre des tamaris de Piso Livadi.

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L’île de Paros pratique

Se rendre à Paros

Paros est une île importante par sa taille et son emplacement idéal en plein cœur des Cyclades. Elle bénéficie à ce titre d’une large desserte par les ferries inter-îles. Attention toutefois si vous passez d’île en île, certaines destinations voisines n’offrent que peu de liaisons avec Paros. C’est le cas de Sifnos notamment, qui nous aura bien ris la tête au moment d’organiser notre séjour.

Toutes les liaisons maritimes sont en ligne sur le site gtp.gr.

Se déplacer à Paros

La plupart des villages de l’île sont bien desservis par les cars de la KTEL, et les destinations les plus courues sont même accessibles jusqu’à tard dans la soirée. C’est notamment le cas pour la liaison Parikia – Naoussa.

Il t’en coûtera 1,80 € le trajet par personne. Les tickets s’achètent dans les petites guérites situées au niveau des « gares routières » (hum, généralement, un petit parking en terre battue). A Parikia, le point de départ de toutes les lignes de cars se situe juste à côté du port, mais le village est desservi par plusieurs arrêts.

Si tu envisages de visiter le centre de l’île, sache qu’il existe plusieurs sentiers de randonnée jouissant d’une belle réputation. La route byzantine entre Lefkès et Prodromos, parfois encore pavée de marbre (le marbre était la spécialité de Paros), est un must.

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Nos bonnes adresses à Paros

A Parikia

  • Nemobar : un resto végétarien situé sur la longue promenade de front de mer, pour changer des établissements voisins qui proposent quasiment tous les mêmes plats. La fava (purée de fêves) est à tomber !

A Sotires

  • To Spitiko : tenu par un couple franco-grec, ce resto autrefois situé sur le front de mer de Parikia propose une cuisine gourmande à base de produits locaux. On peut notamment y déguster la gouna, un poisson séché au soleil, spécialité du village de Naoussa.

A Marmara

  • Ververas : la terrasse à l’ombre des arbres offre un cadre très agréable à cette taverne qui propose les grands classiques de la cuisine cycladique.

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Notre hébergement à Parikia, la pension Jasmine

On a choisi la pension Jasmine pour sa localisation un peu à l’écart du centre de Parikia et ses prix doux (c’est sans doute un peu lié). Une pension à taille humaine où le petit déjeuner se prend sur une terrasse pleine de charme, à l’ombre d’une vigne vierge.

La pension Jasmine n’est sûrement pas la plus belle ni la plus confortable de Parikia, mais elle possède un triple avantage :

  • le calme absolu à 10 minutes à pieds de la mer,
  • la clim et le frigo dans la chambre,
  • le cake délicieux du petit dej, encore meilleur si dégusté sur la terrasse ombragée.

Tout cela compense largement le manque de place flagrant dans la salle de bain (on ne peut pas poser ses affaires et il faut se contorsionner pour y entrer), et la taille relativement petite de la chambre double (14m²).

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La carte

Autres articles sur les Cyclades

 

Contrairement à ce que tu pourrais penser, je n’ai aucun partenariat avec le guide du Routard. C’est juste que c’est le guide que j’avais choisi d’acheter pour préparer le voyage, parce qu’il est une mine d’infos pratiques qui te seront d’une très grande utilité pour visiter les Cyclades.

 

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9 commentaires sur “Paros : le guide alternatif et totalement subjectif

  1. On a tous envie (besoin) de fuir la foule, mais je crois que pour tant de beauté on fait l’effort. Très bel article Delphine.
    J’en ai pris plein les mirettes et décidément les copines vous me motivez pour découvrir les pays chauds. Sous Paris pour moi c’est « qué calor » « trop de calor » moi qui ne jure par la douce fraicheur des pays du Nord.

    Aimé par 1 personne

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