Tout est chaos

Tout est chaos
A côté
Tous ces rochers gros c’est beau
Pétrifié
Je cherche mon amie
Pour admirer 
Je suis en exaltation
Très enchantée  
Très enchantée 

Désolée pour cette petite adaptation très personnelle sur l’air de Désenchantée mais ça m’est venu comme ça en repensant aux chaos rocheux de Nîmes et Montpellier-le-Vieux, entre Lozère et Aveyron. Sûrement le souvenir encore frais du concert de Mylène au Stade de France.

Des années que je n’arrivais pas à trouver le ton pour te parler de ces deux sites naturels merveilleux à la fois si proches et si différents. Finalement, c’est Mylène qui avait la solution. 

Le chaos, c’est un paysage rocheux ruiniforme. Je t’épargnerais la définition selon Wikipedia, elle est imbitable. En tout cas, moi, c’est le genre de paysage qui me plait bien.

Nîmes-le-Vieux

Nous sommes bien seules à garer Titine dans ce minuscule hameau de l’Hom, en bordure sud du Causse Méjean. Pas une âme qui vive, pas un bruit. La nature seule, grandiose. 

Le sentier démarre tout de suite à la sortie du hameau. Il nous promet une bonne heure de déambulation dans un paysage aussi désolé que fantastique. Ici, des dizaines de blocs de pierre érodés sont posés de façon erratique au milieu de la lande caussenarde, tels les cailloux d’un Petit Poucet géant. Le chemin serpente entre ces belles formations géologiques et les pâtures où l’herbe rase semble suffire aux brebis de la ferme du coin. 

Depuis les points de vue les plus hauts, l’horizon plonge vers un infini plus verdoyant. Les Causses arides embrassent les Cévennes boisées. Du vert jauni au vert profond. 

Il y a quelque chose de mystique dans ce paysage. Ces rochers éparpillés, c’est forcément dû à des forces surnaturelles. La légende locale raconte que, prise sous un violent orage, une bergère aurait dit « vendre son âme au diable » pour échapper au déluge. Tu te doute bien que Satan a aussitôt rappliqué sur place, dans un éclair plus lumineux que les autres. Comme d’habitude, il sera question d’un pacte. La bergère promet au diable « ce qu’il y a de plus blanc sur ce Causse » en échange de la vie sauve. Le diable pensait prendre l’âme de cette fille si pure. Mais elle parlait de la laine de ses moutons. Si bien que Satan, un poil déçu de ne pas ravir une âme innocente, disparut dans un gouffre voisin, non sans avoir auparavant transformé les moutons de la bergère en un troupeau de pierres calcaires.

Montpellier-le-Vieux

Nous sommes beaucoup moins seules à garer Titine dans ce grand parking en terre battue. Et pour cause, ici, on est dans un site privé, aménagé, commercialisé. La « Cité de pierres », comme elle a été nommée par son découvreur, Édouard Alfred Martel, s’étend sur 120 hectares, au milieu d’une belle pinède du parc naturel régional des Grands Causses. Nous sommes cette fois dans l’Aveyron, quelque part sur le Causse Noir.

Comme on a vadrouillé avant à la grotte de Dargilan, on n’est pas arrivées de bonne heure à Montpellier-le-Vieux. Il a fallu faire un choix parmi les 6 parcours pédestres proposés. La balade ayant eu lieu il y a déjà plus de 10 ans, je serais bien incapable de te préciser lequel on avait choisi.

En revanche, je me souviens parfaitement de cet enchevêtrement de pierres et d’arbres et de ces pitons rocheux aux formes animales, presque vivantes. De ces panoramas sublimes sur des gorges escarpées et de ces arbres suspendus à la rocaille. De cette ville de pierres émergeant d’une profonde toison végétale et de ce banc très haut toisant une bonne partie du site géologique. 

On avait opté pour la marche à pied pour profiter de la quintessence du site, mais sache qu’il existe un trajet en petit train pour les personnes ayant des difficultés à marcher, et moultes possibilités pour t’éclater : vias ferratas, tyrolienne, jeux de piste… 

Bref, Montpellier-le-Vieux n’a pas grand chose à voir avec Nîmes-le-Vieux, mais est tout aussi spectaculaire. 

Montpellier-le-Vieux, Nîmes-le-Vieux… Quels drôles de noms !

Tu te demandes peut-être comme moi pourquoi Montpellier et Nîmes, fussent-ils « vieux », sont invoqués au fin fond des Grands Causses pour désigner deux sites naturels ?

L’origine du nom « Montpellier-le-Vieux » viendrait de bergers transhumants venus des plaines du Languedoc. La vue de ces formations géologiques au milieu de la forêt leur aurait évoqué la ville de Montpellier, mais en ruines.

Découvert 25 ans plus tard, le site lozérien de Nîmes-le-Vieux aurait simplement été nommé en référence à Montpellier-le-Vieux, comme un clin d’œil à la rivalité ancestrale entre les deux villes languedociennes.

Cet article s’inscrit avec un peu de retard dans le RDV mensuel #EnFranceAussi initié par Sylvie, du blog Le coin des voyageurs. Le principe est simple : te faire (re)découvrir la France à travers un thème donné. Le mois dernier, c’était le thème « Nature » qui était à l’honneur, piloté par Virginie, du blog Les aventures d’Arthur et Thibaut. Retrouve tous les articles du mois d’avril de la team #EnFranceAussi sur cette carte :

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7 commentaires sur “Tout est chaos

  1. J’adore les tas de cailloux, et je m’étais noté ce chaos à voir. Tu m’as encore plus convaincue ! Merci pour ta participation 🙂

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