Paris entre en Seine

Paris - quais de Seine

Cet article s’inscrit dans le rendez-vous mensuel #EnFranceAussi, initié par Sylvie, du blog Le coin des voyageurs. Ce mois-ci, c’est Virginie, du blog Les aventures d’Arthur et Thibaut, qui nous invite à « se la couler douce ».

A la vue du thème choisi par Virginie pour ce nouvel opus #enFranceAussi, un vague souvenir de poésie d’enfance remonte en toute discrétion à la surface, me murmurant la chanson de la Seine de Prévert dans les oreilles. Ainsi donc, la Seine se la coule douce ? Le jour comme la nuit ? Même dans la ville Lumière ? Oui, même dans la ville Lumière. Je l’ai vérifié par moi-même un jour de nonchalance et de grande chaleur en arpentant les quais entre Notre-Dame et la BNF. Oui, on peut se la couler douce à Paris.

Heureux propriétaires du Zohr, qui peuvent chiller face à l’île Saint-Louis

Cette journée de « ne rien faire » a débuté dans un musée que je n’avais pas revu depuis mes 12 ans. Je me souviens, j’avais les yeux grands ouverts devant cet immense défilé d’animaux naturalisés, qui prend un espace non négligeable du Museum national d’histoire naturelle de Paris. La Grande galerie de l’évolution venait à peine d’être inaugurée, et moi je la découvrais avec mes yeux d’enfant, étoiles brillantes sur cornée humide. Un plaisir alors partagé avec mon grand-père qui, malgré son manque flagrant de patience devant les files d’attentes, a forgé l’essentiel de ma culture muséale parisienne.

La Grande Galerie de l’Evolution du Museum national d’Histoire naturelle

Je crois bien que mon moi adulte est resté scotché cinq heures au musée sans avoir néanmoins eu le temps de tout voir (mais en ayant pris celui de déjeuner avec la vue sur ladite galerie). La lassitude et les jambes lourdes aidant, j’ai fini par retrouver le grand dehors et son soleil de plomb. Mon programme s’est dessiné au fil de mes errances dans les allées du Jardin des Plantes. Ce sera les bords de Seine en direction de la BNF, juste pour revoir cette si jolie passerelle Simone-de-Beauvoir.

Ça fait déjà deux heures que j’erre sans but entre rive gauche et rive droite et je n’ai toujours pas croisé de mine renfrognée ou de passant pressé. Mais où donc est passé notre Paris cliché ?

Jardin des Plantes

J’y ai vu un Paris pépouze, bien loin des clichés de visages fermés et de pas pressés. Au port de la gare, face aux austères bâtiments de Bercy, ça profite du soleil en dégustant huîtres et verres de vin blanc sur des transats quand d’autres s’enjaillent dans les péniches-bars. Un petit côté plage sans le sable chaud mais avec un air de vacances apaisant. On entend les cris et les ploufs des enfants qui se baignent non dans la Seine mais sur la Seine, dans l’eau turquoise de la piscine Joséphine-Baker (j’ai toujours adoré cette tradition si parisienne des piscines flottantes).

On se la coule douce au Port de la Gare

Sur le parvis de la BNF, des grappes de jeunes danseurs et danseuses profitaient de leur reflet dans les baies vitrées de la plus grande bibliothèque de France pour peaufiner leur chorégraphie en prévision d’un prochain spectacle. Improbable mélange de cultures, entre ambiance feutrée du dedans et pas de hip hop du dehors. Je suis restée là un certain temps, à lire sur les marches ensoleillées qui dominent la forêt de la BNF et à regarder passer les cyclistes et danser les artistes.

Ça chille aussi à même la passerelle, dont les douces ondulations servent de prétexte pour s’amuser entre copains. Je me demande même s’il n’y avait pas un plaid posé là, avec sodas, jus de fruits, gâteaux et bonbons à volonté pour ravitailler à proximité immédiate de la zone de jeu. Je serais restée des heures à regarder le passage des bateaux sur la Seine, ce va-et-vient à rythme lent, loin du tumulte des couloirs de métro.

Au parc de Bercy, ça prend l’apéro, ça joue à la pétanque, ça tente des ollies au skatepark. Ça fait déjà deux heures que j’erre sans but entre rive gauche et rive droite et je n’ai toujours pas croisé de mine renfrognée ou de passant pressé. Mais où donc est passé notre Paris cliché ? Je n’avais pas encore tout vu !

Les douces ondulations de la passerelle Simone-de-Beauvoir

De retour rive gauche (la meilleure !), le jardin Tino Rossi avait pris des airs de bal géant. Le long du fleuve, on danse en musique – et en public – dans les quatre arènes aménagées pour. Une ambiance flonflon assumée qui n’est pas sans rappeler les guinguettes de bord de Marne tant célébrées par les peintres. Je quitte la Seine à Montebello au milieu du tintement des verres remplis de vin rosé et du froissement des paquets de chips. Les Parisiens semblaient s’être tous donnés rendez-vous ici, face à une Notre-Dame blessée, pour profiter des derniers rayons du soleil autour d’un apéro géant. Qui peut encore dire qu’on ne peut pas se la couler douce à Paris ?

« La Seine a de la chance,

Elle n’a pas de soucis.

Elle se la coule douce

Le jour comme la nuit. »

Jacques Prévert

Prévert avait raison…

Apéro le long de la Seine

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13 commentaires sur “Paris entre en Seine

  1. Le Paris que j’aime tant.
    D’autant que j’ai bien connu ce quartier autour de la bibliothèque FM. Mes enfants étaient scolarisés à coté. La passerelle, les quais, la piscine…Tu en parles si bien.
    Merci pour ce bon moment si cool.

  2. La passerelle Simone de Beauvoir est toujours aussi photogénique. J’adore le jardin des plantes et la grande galerie de l’évolution, j’étais trop petite pour faire sa première version, mais quand elle a rouvert fin 90/début 2000 je crois, avec ce nouveau look, j’en ai de très bon souvenir également ! Et dire qu’ils avaient encore plus d’animaux à présenter mais ils n’ont pas la place, et il me semble qu’une bonne partie a été endommagée, entre le temps et l’humidité.

    1. Le jardin des Plantes, c’est un vrai beau lieu de promenade à Paris, j’aime beaucoup la diversité de ses décors. Quant au musée, j’adore tellement ce grand mur lumineux que j’ai dû prendre en photo toutes les nuances de couleurs !

  3. Bonne idée de partir du poème de Prévert pour aborder le thème ! J’adore cette passerelle Simone de Beauvoir, et c’est vrai, ça peut être agréable de flâner à Paris 🙂

    1. A vrai dire, je n’avais pas franchement d’idée pour ce thème. Et puis tout à coup m’est revenue cette poésie de Prévert. Par chance, j’avais souvenir de cette jolie flânerie parisienne.

  4. Ah mais bien sûr que Paris sait chiller comme personne ! Ça me manque d’ailleurs, cette décontraction, ces longs apéros dehors… Vivement qu’on puisse retrouver tout ça !

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