#UnJourDesTextes – A capochja sottu l’ugliastru

Par la fenêtre, j’ai vu tes cornes menaçantes. Tu étais tourné vers moi et tu me fixais. Tu m’as fait peur. Je me suis posée des questions. Était-ce une menace ? Que faisais-tu là, tourné vers la maison, posé sur ton muret de pierres sèches ? D’habitude, ce muret, c’est le passeport pour un monde inconnu. Le passage vers un monde aux parfums entêtants et aux nuances bleu-vert. La frontière avec le maquis impénétrable. Bref, la porte d’un paradis terrestre.

A mon arrivée, c’est toujours par-là que mon regard se porte, et tu le savais. Tu t’es placé là exprès, maintenant j’en suis sûre. Pourquoi me regardais-tu ? Ta présence discrète sur ce muret du bonheur avait quelque chose d’angoissant. Je n’ai pas osé te prendre en photo. Je n’étais pas sereine. C’était peut-être la corde attachée entre tes cornes. Ou bien ces orbites creuses. J’ai eu peur que quelqu’un m’observe. Qu’il me voie trembler d’effroi en te voyant.

Je me suis approchée de toi quand même, pour voir. Qui étais-tu ? Un bélier ? Non, une chèvre ! Je ne sais pas. Je n’ai pas vraiment réussi à t’identifier. Je ne m’y connais pas assez en crâne de bestioles. Aujourd’hui, j’ai un peu oublié à quoi tu ressemblais, alors impossible de chercher sur internet. Tant pis !

Je ne savais pas si tu m’attendais depuis de longues semaines, ou si quelqu’un t’avait posé là pour nous souhaiter une drôle de bienvenue. La réponse, je l’ai eue des semaines plus tard. Tu étais une blague. Une blague de papi !

 

Cet article fait partie de la série #UnJourDesTextes imaginée par @FromYukon. L’idée ? Ecrire, simplement. Partir d’une image, d’un mot, d’un thème, ou que sais-je encore. S’évader par le texte. Laisser divaguer son esprit.

Aujourd’hui, jour 21 du confinement, il s’agissait de raconter ce qu’on a vu par la fenêtre. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop d’avoir légèrement transgressé la règle. A vrai dire, je ne t’ai pas vu de la fenêtre. Je t’ai aperçu de la terrasse. Tu sais ? Celle où l’on vit et l’on mange !

Seule contrainte de l’exercice du jour : commencer l’article par « Par la fenêtre, j’ai vu… » et ne pas dépasser 600 mots.

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